Chapitre 1 -Version originale du livre Satori
Aperçu
Je me sentais seule... et plus j'avançais dans ma solitude plus j'en avais moins de sens. Mon âme encore jeune cherchait à evader, à aller plus loin pour pouvoir s'épanouir. Car l'endroit où j'habitais ne me donnait plus les moyens, ni le sens. C'est bizarre... Je me suis toujours senti à la recherche de mon chemin, de moi ou juste des connexions qui confirmait ma recherche.
C’est à ce moment que tout à commencer ou peut-être était-ce la confirmation dont j’avais besoin pour prendre la décision de quitter mon pays, puisque j’avais une belle vie à Bucarest: une profession indépendante et ascendante, beaucoup d’amis et un cadre de vie merveilleux. Mais j’aspirais à davantage, davantage qu’être organisatrice événementielles mode. Je voulais faire une école de mode, me spécialiser, réaliser mon rêve de styliste et découvrir le monde.
Le 7 septembre 2012, un an après la conversation, j’étais à Paris en tant qu' étudiante Erasmus.
Aya: - Un peu plus vite, Monsieur?
Le chauffeur de taxi: - Hein?! C’est bouché Madame! C’est bouché!
“C’est la première expression que j’ai apprise en arrivant à Paris.”
Durant cette période, j’ai bien profité. J’ai eu une année merveilleuse, des nouveaux collègues, des amis internationaux, des voyages et des fêtes.
Le printemps suivant, après plusieurs entretiens, j’ai été accepté dans une école privée internationale, spécialisée dans la Mode et Luxe. J’étais alors certaine que j’allais prolonger mon séjour.
I. Le nouveau départ
Une fois que mon année Erasmus terminée, j’ai commencé à chercher un nouveau logement pour habiter toute seule. Une de mes anciennes collègues Erasmus quittait sa chambre pour rentrer en Roumanie, mi-août. Cela tombait pile-poil au bon moment pour moi. J’ai juste grincé des dents lorsqu’elle m’a annoncé qu’il s’agissait d’une chambre dans un centre de sœurs dominicaines. Mais j’ai réussi à dépasser cela car c’était la seule option qui s’offrait à moi.
Le centre des sœurs dominicaines
Mi-août, je me retrouvais pour la première fois dans le centre des sœurs situé dans le 12ème arrondissement à Paris. J’avais rendez-vous avec sœur Marie, la sœur responsable des étudiants logés dans leur bâtiment.
Aya: - Bonjour sœur Marie. C’est moi Aya.
SM: - Vous êtes la nouvelle fille?
Aya: - Oui.
SM: - Vous êtes étudiante, c’est bien ça? Car ici n'habitent que des étudiantes.
Aya: - Oui, Sœur Marie.
Sœur Marie: - Très bien, je vous invite à signer le contrat. Il s’agit d’un centre des sœurs dominicaines, par conséquent : les fêtes sont interdites, ainsi que les animaux et la présence de garçons.
Aya: - Ok. Voila. C’est fait.
Sœur Marie: - Dans ce cas, voici vos clés.
Aya: - Merci.
Le soir j’ai beaucoup réfléchi à tous les changements que j’avais fait la durant toute cette année passée. Là, il s’agissait d’un nouveau départ, de nouveaux collègues, dans une chambre de 11m2 au 4ème étage, avec un évier dans ma chambre, un lit tout petit, une armoire, une table et une fenêtre d’où on voyait la cour intérieure. Les douches sont communes, la cuisine et le salon sont l'étage du dessous, puis le premier étage est réservé aux sœurs.
Chapitre 2 -Version originale du livre Satori
II. Des nouvelles amitiées
7h00 du matin, après quelques jours.
Aya: - Salut! Chan? C’est toi, non?! Je suis Aya. La nouvelle locataire.
Chan habillée en sport: - Enchantée!
Aya: - T’as fait du sport?
Chan: - Oui, j’ai fait de la corde à sauter.
Aya: - Wow! Bravo! Moi je fais régulièrement du footing, si tu veux on pourrait y aller ensemble un jour.
Chan surprise par mon enthousiasme : - Oui, peut-être…
Aya: - Qu’est-ce que tu cuisines? Ça a l’air bon!
Chan: - C’est pour mon régime, il faut que je mange du tofu aux sésames et de la sauce soja avec du chou fait à la vapeur, goûte, je t’en prie!
Aya se sentant obligée de le faire: - D’accord, allez. Oh, c’est bon ça!
J’étais sur le point de goûter quand Sao fait son apparition dans la cuisine.
Sao: - Tu es la fameuse Aya? Ria m’a parlé de toi.
Aya: - Oui, enchantée…
Sao: - Tu as fait du sport Chan? Mais pourquoi? Moi j’ai trouvé l’amour comme ça, avec mes jolies formes!
Chan sort de la cuisine: - Uff!
Sao: - Mais qu’est-ce que j’ai dit?!
Je rougis en levant les bras.
Sao reçoit un texto: - Il me faut une robe pour ce week-end! Je viens de recevoir un message! C'est une invitation pour un mariage, il faut que je travaille à fond ce mois-ci! Désolé Aya! Ça va? Tout se passe bien ici?
Aya: - Oui, ça va… en effet j’espère. Mais toi, tu n’es pas étudiante?!
Sao en souriant : - Je l’ai été, en fait je ne suis que de passage ici, c’est Ria qui m’a aidé à intégrer le centre. Je ne compte pas rester très longtemps. Il faut qu’on se voit cet après-midi dans le salon, je vais te montrer une émission sur des rencontres amoureuses! Après tout, c’est ce que l’on recherche tous, n’est-ce pas? L’amour avec un grand A.
Elle quitte la cuisine en faisant un clin d'œil.
En effet, elle a raison, car toute notre vie (l’activité professionnelle, les personnes proches, nos hobbies, la nourriture) se résume à l’amour de soi et des autres, en tout cas elle devrait.
L’anniversaire de Ria
Aya: - « Cette chambre est un peu trop sombre. Il faut la décorer, lui redonner vie. Il me faut aussi un petit ami. »
Ria sonne à la porte: - Coucou Aya. Ça va? Tu fais quoi ce vendredi? C’est mon anniversaire et on voudrait organiser une petite soirée entre filles.
Aya: - Où est-ce que ça se passera?
Ria: - Dans le salon ici, au 3ème étage.
Aya: - Hein?! Mais la Sœur a dit que les fêtes étaient interdites ici!
Ria: - On ne fera pas de bruit ne t'inquiète pas.
Aya: - “Comment je pourrais refuser l’invitation de Ria?! Elle est la cheffe ici.” Et bien... Je ne sais pas à quelle heure je vais rentrer de l’école. Je finis assez tard les cours.
Ria: - Tant pis, tu t’arranges pour être là à 21h! Ramène des chips et une bouteille de vin blanc pour les filles, puis n’oublie pas ta bonne humeur! À vendredi!
Aya: - « Fête?! Du vin blanc ? Dans un centre des sœurs? »
Vers 20h30, après avoir acheté la bouteille de vin, je rentre chez moi.
Afin de rejoindre le salon, il me faut passer d’abord par le rez-de-chaussée et prendre l’ascenseur. C’est là que les sœurs font leur activité quotidienne. On peut croiser une sœur à tout moment.
En attendant l'ascenseur, la sonnerie du téléphone retentit, et ce partout dans le bâtiment.
Aya: - Zut alors! Il y a toujours une sœur en bas… Pour éviter de me faire prendre, je range la bouteille dans un sac en plastique avec d' autres achats. Mais c’est également très bruyant.
Aya: - Bonsoir sœur Rosa.
Sœur Rosa: - Vous montez?
Aya: - Oui, et vous?
Soeur Rosa: - Moi aussi.
Aya: - Mais le téléphone sonne…
Soeur Rosa: - Ce n’est pas grave, Soeur Marie va répondre.
Aya: - « Tic-tac, tic-tac mon cœur… Comme l’ascenseur est étroit, je fais un mouvement incontrôlable qui oblige la bouteille à se cogner contre la parois et donc à faire du bruit.
Sœur Rosa: - Vous vous sentez bien jeune fille?
Aya toute rouge: - Oui, oui… c’est juste qu’il fait chaud ici…
Soeur Rosa: - Qu’est-ce que vous avez dans votre sac? Ça en fait du bruit!
Aya: - Des courses, tout ce qu’il y a de plus banal.
Arrivée au deuxième étage, la sœur quitte l’ascenseur.
Soeur Rosa: - Bonne soirée!
Aya: - Merci, à vous aussi sœur Rosa.
Aya: - « Uff quel soulagement… » mon cœur bat si fort, je viens juste d’arriver ici, je ne veux pas perdre ma place.
Les filles m’attendent dans le salon avec de la musique à fond, des plats et de la bonne humeur.
Rya: - On t’attendait… Où est la bouteille de vin?
Aya: - J’ai rencontré Sœur Rosa dans l’ascenseur, j’ai eu une de ces peurs.
Rya: - Ce n’est pas grave. Elle est vieille, puis elle a un appareil auditif.
Aya: - Ah oui?! « pourtant elle m’a bien entendu.»
La soirée se déroule bien, on s’amuse, le gâteau est très bon, il est un peu tard mais ça va.
Vers 22h30, sœur Marie fait son apparition.
Sao: - Baisse la musique, cache nos verres, sœur Marie arrive!
Tout d’un coup, tout le monde s’installe sur le canapé en regardant la télé comme si de rien n’était. La bouteille de vin est introuvable.
Sœur Marie: - Bonsoir les filles, tout se passe bien ici?
Ria en cachant son verre: - Oui, tranquille. On regarde la télé en mangeant.
Sœur Marie: - D’accord, faites attention de pas trop tarder!
Les filles: - Bien sûr Sœur Marie!
Alors qu’elle repart, j'aperçois une queue blanche entre ses pieds, puis deux yeux gris qui me regardent assez étrangement.
Aya: - Un chat? Ici?
Chan: - Bah oui c’est Peekaboo, le chat de sœur Marie.
La fête s’est bien terminée, les filles sont rentrées dans leur chambre. Quant à moi, je m’en vais retrouver la mienne, et assise dans le lit je me mets à réfléchir: « Qui a dit que les règles sont bien faites pour être enfreintes, avait raison. Ça a bien commencé mon séjour ici… je n’ai pas le temps de m’ennuyer. Demain je vais me rendre dans une animalerie. Il y en a une pas loin d’ici, en plus j’adore les animaux. »
